• Le Cygne-Martine Maillard


    Ce dessin représente la créativité issue de l'instant présent. Il s'inspire :    
      
                                - du Japon (l'esprit zen)
                 - du Chant de la Terre de Gustav Malher (cycle de mélodies composées sur des poèmes chinois, comportant entre autres des allusions au printemps, et à des cavaliers qui partent au matin).
                      - et du célèbre sonnet de Stéphane Mallarmé intitulé "le Cygne". Le voici...
     
     
     

    Le vierge, le vivace, et le bel aujourd'hui
    Va-t-il nous déchirer, avec un coup d'aile ivre,
    Ce lac dur oublié que hante sous le givre
    Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui ?
     
    Un Cygne d'autrefois se souvient que c'est Lui,
    Magnifique, mais qui sans espoir se délivre,
    Pour n'avoir pas chanté la région où vivre
    Quand du stérile hiver a resplendi l'ennui...
     
    Tout son col secouera cette blanche agonie
    Par l'espace imposée à l'oiseau qui le nie,
    Mais non l'horreur du sol où le plumage est pris.
     
    Fantôme, qu'à ce lieu son pur éclat assigne,
    Il s'immobilise au songe froid de mépris
    Que vêt parmi l'exil inutile le Cygne.

     
     
     
     
           ...Mais c'est en quelque sorte son contraire ! En effet Mallarmé représente le poète comme prisonnier d'une sorte de paralysie de son inspiration (l'hiver, le givre sont l'image de sa créativité bloquée), due à l'impossibilité d'aller vivre là où il le souhaiterait, dans de grands espaces de liberté. Et sur ce dessin, le Cygne s'éveille dans un paysage de splendeur, en plein renouveau, par une température apparemment douce et propice à son envol... Il semble "chez lui" !
      
     
     

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  •      Arrive le dimanche, jour de la poule au pot. Alors voilà, j'ai eu envie d'inviter sur mon blog Michel Besnier, écrivain-poète à la plume si divertissante.
        Vous trouverez ses recueils merveilleusement illustrés par Henri Galeron et Boiry aux éditions Motus (collection "Pommes, Pirates, Papillons")... Ici je puise dans l'album intitulé "Mes poules parlent". 

      
     
     

     
     
     

    1) Le Coq :       
    Pour kikil se prend le coq ?                                 
    Pour kikil se prenprend le cocoq ?
     
    Il chante d'accord
    Il est beau d'accord
    mais il y va un peu fort
     
    Il nous pince la crête
    Il nous bat
    nous dispute et répudie
     
    Il fait cocorico d'accord
    Mais des jours c'est cocoric
    cocori ou cocor
     

    C'est un drôle de coco le coq
     
     
    2) Le Poussin :                

    Question d'un poussin à sa mère :
    "Est-ce que tu me câlines assez ?"
     

    3) La Poule :                   

    J'ai vécu
    (mais pas de ma plume !)
    j'ai pondu
    j'ai couvé
    j'ai gratté
    sans ergoter
    j'ai chanté
    kot kot kot
    coûte que coûte
    j'ai pris des
    coups dans l'aile
    et travaillé du jabot
     
    Toute une vie
    doux gésier !
    pour finir
    en cocotte     
           

                                 
     
     

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        En relisant l'Enfant halluciné, de René-Jean Clot, je ne résiste pas au désir de vous en citer quelques passages. Ce qui fait la magie de ce livre, ce n'est pas tant le parcours surprenant de cet enfant né avec une âme de peintre, que l'extraordinaire aptitude de l'auteur à écrire sous forme de sentences, comme si chaque instant de sa vie était une heure de philosophie. Avec une personnalité hors du commun, tout ce qu'il dépeint prend une allure de jamais vu, de révélation... C'est sans doute ce qui fait de lui un peintre d'ailleurs : cette faculté qu'il a de voir à travers les choses, et d'y capter une réalité à laquelle n'accède pas le commun des mortels...



          
     


            L'amour :
      "Aimer, c'est ne plus avoir besoin de la présence de l'autre pour l'aimer."
     

          
    Le cancre :
     "La rouille des grilles des jardins avait gagné ma tête. Je ne faisais pas de bruit, le plus souvent je dessinais sur un cahier tout ce qui me passait par la tête, mais il fallait qu'une forme fût d'abord tracée par ma main pour que mon esprit se mette en branle. Je me disais: "Tiens ! C'est un chat !" Ma surprise était vive de l'entendre ronronner sur mon cahier. Je lui donnais un nom.
      Immobile et silencieux le dernier de la classe est vêtu d'une armure d'acier noir, il garde, à l'écart, le château désert. Personne ne le visite. Les portes sont munies de lourds verrous. Je disais aux autres: Bonjour ! Ils ne répondaient pas, j'étais la nuit noire, j'étais aussi pour eux l'herbe fanée."

          
     
    La vie d'Artiste :
      "Méfiez-vous de la beauté, quand vous l'aurez trouvée vous serez défiguré."

     "Ne rêvez jamais à la gloire, c'est une fille qui se farde avant de descendre dans la rue."

     "Ceux qui se souviennent de vous vous oublieront. Ceux qui vous aiment vous oublieront aussi. La ferronnerie de la mémoire se rouille comme les balcons avec les années."

     "Avoir eu une bonne vie, c'est tout simplement se sentir plus jeune que sa propre mort quand elle viendra."

     "Mais si vous chassez toutes vos illusions, sachez que les mouches prendront leur place."

    René-Jean Clot, né en 1913, décédé en 1997,
    Prix Renaudot en 1987 pour "l'Enfant halluciné" (Grasset).

     
     
     

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  •      Après "Histoires de poules", tiré de "Mes poules parlent", de Michel Besnier, je vous présente un extrait de son excellent livre "le Rap des Rats" - toujours illustré par Henri Galeron, et publié par Motus dans la collection "Pommes, Pirates, Papillons"...

     



     
     
    On en a ras-le bol
    nous les rats
    d’être symboles
    du choléra
    de la peste
    et du reste
     
    Hiroshima
    c’est pas nous
    le Rwanda
    c’est pas nous
    la vache fada
    c’est pas nous
    la grippe du poulaga
    c’est pas nous
    l’air cracra
    c’est pas nous

    Michel Besnier 
     
     

                                     


     

     
     

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  •       Tout le monde se baigne à Biarritz... Interrogeons le grand poète Alphonse Allais sur ses impressions de Toussaint 2005.
     

    Alphonse Allais de l'âme erre et se fout à l'eau...
    Ah ! L'fond salé de la mer ! Et ce fou, à l'eau !


    Pauvre Alphonse, lui aussi il se dit qu'il y a quelque chose de pas normal dans tout ça...

     
     

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