Osho Rajneesh fut avant tout un grand enseignant, et outre des livres et des méditations guidées, il a laissé derrière lui des tarots dont l'un, le plus utile me semble-t-il, est celui que l'on trouve maintenant sous l'intitulé Tarot de la Transformation et qui fut publié en français initialement sous le titre de Tarot de Rajneesh aux éditions Le Voyage Intérieur en 1991.
Son utilisation est différente de celle du plus connu Tarot Zen , qui aide à l'introspection et présente une approche plus "psychologique" : tandis que ce dernier s'adresse, disons, au "tout-venant" (on peut en faire un tirage à n'importe qui, et même de façon "divinatoire" pour l'orienter dans ses choix de vie, en l'éclairant sur ses motivations ou ses blocages profonds), le Tarot de la Transformation par contre est un support de travail pour toute personne engagée dans une quête spirituelle.
Constitué de 60 cartes se suivant sans ordre particulier, outre les deux premières qui évoquent l'une le Maître et l'autre l'assemblée des disciples (que Rajneesh nomme la Commune comme Jésus parlait de son église), il détaille toutes les situations intérieures auxquelles peut être confronté un sannyasin engagé sur la voie de l'éveil, qu'elles soient des écueils à éviter ou des qualités à développer, en les illustrant à chaque fois d'un texte emprunté à un mystique, tantôt indien, tantôt soufi, tantôt chrétien, tantôt japonais ou chinois - ou d'une aventure leur étant advenue. Ce qui est passionnant notamment, c'est la variété d'origines de ces textes ou récits tous plus inspirants les uns que les autres.
Un passage en italique détaché de l'ensemble permet de comprendre en quelques mots le message essentiel de la carte.
Je me propose de vous reproduire cet ensemble tel quel pour une carte qui m'interpelle particulièrement aujourd'hui : l'Invitation.
En voici le commentaire, précédé du sens à retenir :
« L'état dans lequel vous vous trouvez est indifférent. Celui qui vient importe peu, le maître est toujours prêt.
Un des plus grands maîtres soufis, Jalaluddin Roumi, a laissé ces versets que vous devez graver dans votre coeur :"Viens, viens, qui que tu sois,
vagabond, dévot, érudit,
qu'importe.
Dans notre caravane il n'y a pas de place pour le désespoir.
Viens,
même si tu as mille fois rompu tes serments.
Viens, viens, viens de nouveau."Le maître est un hôte. Le vrai maître ne condamne jamais personne, c'est impossible. L'arbre peut-il refuser son ombre au voyageur éreinté qui cherche refuge sous son feuillage ? L'arbre donne sa protection, son ombre, ses fleurs, son parfum, ses fruits sans rien mesurer.
Si je disais à quelqu'un : "Mérite d'abord de devenir un sannyasin et viens ensuite !" je serais comme un médecin qui dirait : "Guérissez avant que je vous soigne, je refuse de perdre mon temps avec des malades !"
Ce que vous êtes n'importe pas. Le maître est prêt.
Nous sommes ici très proches de Jésus lorsqu'il évoquait le pardon à renouveler "septante fois sept fois" face à des Juifs particulièrement attachés au respect d'une Loi écrasante. La guérison du coeur est plus importante que celle du corps, et n'est-ce pas à cette seule fin qu'apparaissent ici-bas les Envoyés dont nous avons tant besoin ?