Dans ma quête obstinée j’ai traversé des mondes
Interrogé les cieux englouti des savoirs
Visité les enfers pratiqué l’innommable
Du fond des océans ont surgi des chemins
De cimes en abîmes j’ai roulé au hasard
Terrassé le matin et renaissant le soir
Sous les griffes du temps vêtu de désespoir
Et soudain je l’ai vu le Château Merveilleux
Un jour je suis entré mais je ne sais comment
Alors j'ai vu passer le Graal avec la Lance
Et j’ai vu la Douleur et j’ai vu la Beauté
Mais je n’ai su parler l’émotion m’étreignait
Je n’ai su demander ni n’ai su retenir
Il brûlait doucement d’un feu qui me tua
Et quand Il fut passé tout avait disparu
O errance infinie, insondable bêtise,
Pourquoi n’ai-je pas su entendre alors le Son
La Parole sacrée le Mot libérateur
Qui seul m’aurait ouvert le chemin du salut
Imbécile voyeur j’ai suivi le spectacle
Et me suis laissé prendre au manège du temps
Quand tout ce qui débute a sa fin programmée
Mais comment aujourd’hui retrouver le Château
Qui voudrait à nouveau me présenter Cela
Que j’ai vu sans comprendre au moment opportun
*
Perceval, pauvre fou, se heurte sans relâche
Aux murs de la caverne qu'il appelle univers,
Chauve-souris aveugle entraînée par les vents...
Le Son est entendu, le Mot est insufflé
Car s'Il ne l'était pas il ne serait pas là !
C'est par Sa vibration que tout est apparu
Et qu'il a cru se voir et voir un univers.
Mais un reflet dans l'eau peut-il voir et entendre ?

Image empruntée au site de Totem