« Suave, mari magno turbantibus aequora ventis
E terra magnum alterius spectare laborem »(1)
Lucrèce, De Rerum Natura, début du Livre II
Tempête à la Pointe du Raz. Photo John Ushant (voir ici)
Les jours s’écoulent silencieux et dorés
Comme les vagues sur la mer
L’instant s’épanche en infini brouillard
A peine troublé par la calme alternance
De profondes ténèbres et de pâles journées
Avec ici et là quelques points animés
Images fuyantes et colorées
Moments chauds et joyeux
Finis le noir labeur
L’incessante tempête
Où coquille de noix ballottée par les flots
L'on se heurte aux récifs
Toujours blessé
Toujours noyé
Toujours à bout de souffle
Ne rien faire et regarder
S’effacer comme s’efface la buée
Et pourtant vivre
Aussi enraciné que le tronc plein de sève
Manger dormir marcher aimer
Vivre enfin comme existe
Un roc sur l’Océan
(1)« Il est doux, quand sur la vaste mer les vents font tournoyer les flots,