La Charmeuse de Serpents - Henri Rousseau
Ce tableau m'interpelle, car il me semble montrer l'illusion dont nous sommes victimes.
Ce que nous voyons, percevons et ressentons n'existe pas, ce n'est que le reflet de la réalité.
Mais la Réalité que nous sommes ne peut ni être vue, ni être perçue, ni être ressentie.
De même nous ne voyons pas cette Charmeuse de Serpents, elle semble absente du tableau, elle ne se perçoit même pas elle-même.
Et pourtant c'est elle qui anime le tout, et qui fait se mouvoir et les serpents (qui effraient) et les flamants roses (pacifiques) : autrement dit qui crée sa propre souffrance et sa propre joie, son monde duel.
J'en profite pour vous proposer une autre interprétation du mantra de la Plénitude que j'ai mentionné dans l'article précédent, avec de nouvelles significations possibles. Ici il est complété par les trois invocations à la Paix qui normalement figurent en conclusion.
Et en voici le commentaire possible :
Ces versets développent la nature de "OM", l'Absolu, le Suprême au-delà de toute représentation. Comme c'est à partir de Lui qu'est apparu le monde, on peut dire :
- Ceci est Plénitude (= Lui)
- Cela est Plénitude (= Sa manifestation)
- De la Plénitude (= Lui) se manifeste la Plénitude (= le monde)
- Et si le monde (le reflet) est ôté, alors seul demeure Lui (le Primordial).Pour terminer, les trois invocations à la Paix évoquent les trois corps de l'homme (microcosme) et de l'Univers (macrocosme) qu'il faut pacifier tour à tour pour atteindre à la Vérité suprême, à la Source (OM) : les corps grossier (physique ou matériel), subtil (émotionnel et mental, ou atmosphérique) et causal (la nuit de l'oubli pour l'homme et l'espace infini pour l'Univers).