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L'attachement affectif - 2 -

 

Suite de cet article.


        Ça y est ! J'ai trouvé !...   danser


         C'est comme ça, les réponses vous tombent du ciel comme des météorites : plotsch !!! - On dit bien : "ça vient d'ailleurs"... 

        Vous cherchez, et puis une situation intervient et vous vous tapez soudain le front en vous exclamant : "Bon sang, mais c'est bien sûr !"

      Alors évidemment, la réponse que je vais avoir trouvée pour moi ne correspondra pas forcément à celle dont vous auriez besoin, vous. De même d'ailleurs que la question que j'ai posée pour moi ne correspondait pas forcément avec celle que vous aviez comprise, et replacée dans votre propre contexte... 

 

          Mais voici.

       L'attachement, en soi-même, est neutre.

       Vous placez votre argent en banque, vous retournez le chercher, il est toujours à vous ; le Petit Prince place son Amour dans sa Rose, il revient la trouver, l'Amour est toujours là. Pas de problème. De même pour tous les êtres que vous aimez sur cette terre : ils sont là, vous les contemplez, vous contemplez votre Amour, vous êtes heureux.

       Où cela commence  à ne plus aller, c'est quand il y a perte, ou séparation. Si la personne que vous aimez ne vous aime pas ; ou si elle vous quitte ; ou si elle meurt. C'est ce qui arrive à François (voir ici l'article précédent), que Karina n'aimait pas et repoussait. C'est ce qui arrive à celui qui a perdu un proche, un parent, un enfant.

      Et comme c'est aujourd'hui le 15 août et que j'ai tout de même une dévotion particulière pour Marie, j'évoquerai de nouveau la Pieta, l'image de cette mère que l'on dit "traversée de sept douleurs" parce qu'elle a vu supplicier son enfant sous ses yeux...

 

Issoudun-Calvaire


      C'est lorsque l'on souffre, que l'on commence à percevoir un attachement et que l'on cherche à se détacher : on veut tout simplement échapper à la souffrance.

      Alors on invente la notion de culpabilité : si l'on souffre, c'est forcément que l'on a fait quelque chose de mal ! On a dû commettre une erreur quelque part ! L'Amour est sacré, Il vient du Cœur, Il ne peut faire mal !

    S'Il fait mal c'est qu'on en est pas digne... C'est qu'on est un rejeté de l'Amour...

   Aussi on cherche à se punir ; à payer. Ce sont des méthodes de rédemption.

    On invente par exemple "l'Amour sans attente de retour" : on se délecte alors à l'idée d'être un héros qui transcende la souffrance ressentie en la transmuant en "don de soi". En d'autres termes, on dit à l'autre : "Tu ne veux pas de moi ? Pas grave ! Je me donne gratuitement, tu n'as pas besoin de payer pour ça". Ben oui, mais résultat : on s'impose quand même... Et on continue à déposer son Trésor ailleurs, obstinément, ce qui entretient la certitude de l'indignité et de l'exclusion.

     Ou alors, on se fait une raison et on recommence avec quelqu'un d'autre. Cela fonctionne quelque temps, jusqu'au jour où un événement vient à nouveau briser ce rêve ; car tôt ou tard tout finit par mourir, disparaître, se consumer...

      Ou enfin, on suit la méthode préconisée par Louis Jouvet dans "Un revenant" : on refuse d'aimer ! On ferme son cœur, décidant que toute forme est vide... (refrain connu ; bien sûr, j'y pensais ! Notez bien qu'en faisant cette allusion je critique la réaction associée, qui consiste à se détourner par peur, mais nullement le texte sacré qui est une pure merveille dépassant de loin l'attitude pusillanime évoquée).

      Ce qui m'a donc explosé à la figure ce matin, c'est cette notion de culpabilité.

      Même si vous la refusez, vous tous qui avez été élevés dans la religion chrétienne vous serez obligés de me croire en vous rappelant la malédiction de la Genèse : Adam et Ève furent chassés du Paradis Terrestre et condamnés à la souffrance et à la mort. Ce fut ce qu'on appelle la "Chute", la séparation d'avec l'Amour Divin primordial et nourricier. Si l'on compare cette notion avec celle du cordon ombilical qui est coupé à la naissance, on comprend que tout notre mode de pensée, sur cette Terre, est conditionné par l'idée d'une séparation douloureuse.


Naissance



     En fait, même la naissance est une mort ! On est séparé du corps qui nous a porté et nourri depuis l'origine !

     Alors qu'est-ce qu'on appelle "attachement" ? N'est-ce pas tout simplement le désir forcené de se réattacher... de se relier ... ?

      Oh ! Mais que dis-je ? Dans "relier", n'y a-t-il pas religion ? Et le mot  français "religion" n'a-t-il pas son équivalent dans le mot sanskrit yoga, dont la racine reste proche de notre mot "joug" ?

      Donc tout découle, TOUT, de ce besoin d'être "rattaché" parce que l'on pense avoir été coupé.

      Pas étonnant que ce soit le plus gros problème en ce monde...

*  *  *

   
       ...  Et voilà, je vous avais promis la solution et elle m'échappe à nouveau.

        L'explication est simple : j'ai déjà écrit sur le sujet et sans doute déjà exposé la solution ; j'ai lu sur le sujet, et la solution m'a certainement été donnée. Mais sans m'apporter ni la paix, ni une conviction définitive.

       Car tout ce qui est dans le mental est inutile : le mental est notre geôlier ; il est la caisse dans lequel le Petit Prince rêve son mouton. En d'autres termes, quand il est là, il n'y a pas plus de réponse visible que de mouton apparent sur l'image... C'est comme de chercher la Vie dans un dessin.

Saint-Exupéry-Le mouton et sa caisse

       
         Essayons tout de même de nous souvenir.

        Ce matin, j'ai eu un flash au sujet de la culpabilité.

       Vous savez je pense que dans l'univers où nous évoluons (où tout est séparé ; par le mental précisément, dont la fonction est de juger et de classer, de définir et de différencier) chaque notion possède son contraire, tout comme une pièce de monnaie a deux faces, chacune étant indissolublement liée à l'autre si bien que l'on ne peut expérimenter l'une sans l'autre. Il y a ainsi :

  • la vie et la mort,
  • le vrai et le faux,
  • l'amour et la haine,
  • le juste et l'injuste,
  • la guerre et la paix,
  • le haut et le bas,
  • le grand et le petit,
  • la joie et la douleur,
  • le beau et le laid,
  • la fusion et la séparation, etc. ...

 
        Il y a donc également la culpabilité et l'innocence.

    Et voici que, en pensant à cette opposition des contraires, soudain m'est revenu en tête un poème de Phène publié dans son recueil "Feuillets Apocryphes" (paru en 2012 aux éditions Caractères et qui semble déjà épuisé hélas) :

 

De tout temps

condamné par les philistins

le Poète

t
o
m
b
e

à genoux,
coupable d'innocence

à terre,
lynché par l'injustice

dans l'oubli,
immolé à l'hérésie

 

       Peut-être ce texte n'avait-il pas à l'origine le sens qu'il prend pour moi à ce moment.

     En effet le recueil de Phène, envisagé comme un enseignement secret (d'où l'adjectif "apocryphe" dans l'intitulé), part du principe que ce qui ne peut être formulé par le philosophe, prisonnier des concepts mentaux, peut être saisi uniquement par le Poète (du grec poiètès, le créateur) c'est-à-dire celui qui maîtrise l'Inspiration et sait se faire le réceptacle du Souffle divin afin d'exprimer le Verbe (au sens christique d'expression divine).

     Dans ce texte on pourrait donc voir un rappel du destin d'un Jésus par exemple.


      Mais ce qui avait compté pour moi alors c'était ce rapprochement saisissant : "coupable d'innocence" !

Car subitement tout s'était annulé.

L'attachement fait-il mal ?

Ne le fait-il pas ?

Y a-t-il culpabilité ?

Y a-t-il innocence ?

Y a-t-il détachement ... ?

Peu importait ! 

       
     Il n'y avait plus ni oui, ni non ; ni blanc, ni noir ; ni sécurité, ni peur ; ni soulagement, ni douleur.

Nous étions revenus dans le neutre.

On avait retiré les émotions ; les jugements ; le questionnement.

Ce qui existe était accepté en tant que tel ; sans conditions.

Il n'y avait plus rien à chercher.

Si je ne sentais rien je ne serais pas vivant !

Pourquoi refuser la Vie, dans toute son immensité, dans toute son intensité... ?

 

 

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