•     Aujourd'hui j'ai la joie de vous annoncer la parution en ligne sur in Libro Veritas d'un très beau recueil de poèmes, celui de Jean-Baptiste
        Il s'intitule "Les Chants d'AïmalUn", et est suivi de "Poèmes pour une OrchidéE".
    Ce n'est pas un hasard si le nom de Jean-Baptiste (il s'appelle Jean-Baptiste Fouco)
    évoque le mot italien "fuoco" : feu !
        Un souffle brûlant traverse ce recueil de part en part, souffle d'épopée à dimension mythique, symbolique, si bien qu'il résonne en nous en touchant la part la plus profonde de notre être. C'est un long cri d'amour dont le profond dénuement et la force métaphysique rappellent les textes fondateurs et nous reconduisent à nos racines. En le lisant j'entends galoper les djinns, je retrouve des accents hugoliens.
        Ce n'est pas un hasard je pense, si l'Etna gronde en ce moment...


    L'Etna

    L'Etna, photographié par Tom Pfeiffer
     
     

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        En hommage au très émouvant article offert par Russalka  à ce poète de la rue trop oublié (de son véritable nom Gabriel Randon, il est né à Boulogne-sur-Mer en 1867 et mort à Paris en 1933, juste alors qu'on venait de le nommer Chevalier de la Légion d'Honneur), voici de lui un manuscrit autographe, trouvé dans "l'Anthologie des poètes contemporains" de G. Walch (volume III) paru chez Delagrave en 1958 (collection Pallas).

    Jehan Rictus

     
     

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         Durant les vacances, je me délecte de littérature jeunesse...

        Eh ! oui ! Je n'ai pas la force de concentration de certains, qui lisent Pierre Lévy... C'est peut-être dû à mon éloignement des grandes villes ou à une "mauvaise passe", mais peu de littérature m'intéresse actuellement, à part vos blogs, Hélène Grimaud, et quelques ouvrages (parfois de poésie...) écrits pour la jeunesse.

        En voici deux que je vous recommande (ou éventuellement pour vos enfants ou petit-enfants !) :

            Alain Grousset, que j'ai eu la chance de rencontrer plusieurs fois, se passionne pour la science-fiction, mais s'inspire très souvent de la société du moyen-âge pour dériver imperceptiblement du connu vers l'inattendu, vers un mode totalement inédit dont il a l'art d'imaginer constamment de nouvelles formes...   
        Extrêmement actif et d'une imagination fertile, il s'associe parfois à d'autres auteurs pour des séries un peu "faciles" (par exemple avec Danielle Martinigol pour la série "Kerri et Mégane", sous le pseudonyme de Kim Aldany) ; mais dans "La Citadelle du Vertige" ou "les Chasse-Marée", qu'il a écrits seul, la trame est plus fouillée, et on peut même déceler un message, une intention dans l'écriture.
        "Les Passe-Vents" est son dernier livre : touché par la mode portée actuellement aux planches de surf et par celle, dans le cinéma, de faire "voler" les gens, il y a imaginé un monde cerné par un immense gouffre de vents furieux, tellement furieux qu'on pourrait même "surfer" dessus. C'est ainsi qu'un jeune garçon, victime de la violence d'un riche seigneur avide de pouvoir, va réussir à s'échapper puis à sauver son pays. C'est un hymne à la liberté, à la tolérance, et au progrès mis à la disposition de tous.

     

    Lectures de vacances



      
      Béatrice Egémar m'était totalement inconnue jusqu'à ce jour. Je découvre avec intérêt ce petit roman bien documenté, qui m'apprend toutes sortes de choses sur la vie en Egypte à l'époque des Ramsès, sur les habitations, l'aspect des villes, les occupations des hommes, la physionomie des temples et des tombeaux. Bien sûr, elle n'est pas la seule à avoir produit des livres sur la question : Alain Surget, Odile Weulersse y excellent déjà ! Mais si l'on en croit le paragraphe qui lui est dédié sur la couverture, elle aurait rêvé de devenir égyptologue, et ses livres nous le prouvent.


    Egemar-Le scarabée du coeur

     

     

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    (Suite de cet article)

         Avant-hier, j'évoquais Maurice Audejean, personnalité éminemment attachante de ma région, poète trop tôt disparu. Voici d'autres citations tirées de ses livres, pour vous permettre de mieux appréhender cette poésie toute de subtilité et de profondeur, aussi intense que pudique.

     

    Maurice Audejean (2)

     
        On trouve ici une page qui lui est consacrée sur le site "Printemps des poètes". 
        


    Extrait de « Drains » (Rougerie, Mortemart, 1982, p.50)

    Où il faut toujours aller au-delà.
    Que la paille couvre le toit
    Que le veau lèche son auge
    Qu’il fasse clair le matin,
    Plus clair que le besoin
    Qu’on n’imagine pas.
    Minutes d’eau folles
    Et toi levain,
    Les bras grandissent,
    La lumière se crée.
    Naturelle est la femme
    Et celui qu’elle aime
    Retrouve ses dimensions silencieuses
    Au vertige du don.


    Extrait de « Le Pré du Brasil » (Rougerie, Mortemart, 1984)

    Jeune et belle, déboutée de l’eau et du dedans des ronces,
    Douce conque, au mot parfum polie,
    Tu brasses l’air comme si des pétales te poussaient.
    L’image grossière d’où tu es extraite n’a pas disparu
    Mais ce passage de la mort à la vie t’a grandie
    Et il fait beau des plaisirs renouvelés un à un.
    A grand peine les étoiles sortent de la nuit pour nous parvenir,
    Avec des dents pour mordre nos yeux
    Et défaire la poussière d’ici
    Qui sans cela se croirait définitive.
    Toujours neuve voix, sortie du silence,
    Conque étoilée entre les belles…


     

    Extrait de « Le Peu et l’Impossible » (Rougerie, Mortemart, 1987)

    Le silence sait d’où je viens

    Nous retournons chercher
    Au fond de la mer
    Ce que nous sommes devenus.
    Temps d’abstinence
    Et de jouissance
    Se succèdent.
    Nous mâtons haut
    Sans même boire.
    Quand le vent tombe,
    L’eau redevient poisson.


    Extraits de « Au matin calme » (Rougerie, Mortemart, 1988)

    Un mot simple
    Recommence la vie
    A chaque instant.

    Dérouter les yeux
    Par une longue errance
    A propos du vent.


    La terre est tout entière
    Dans la boucle tendre de l’eau.


    Les mots savent que
    Nous sommes séparés
    De notre vie.


    Extraits de « Partir avant la Fin » (Rougerie, Mortemart, 1990 : page finale)


    Tout l’été est passé de notre côté.


    La terre doit célébrer le jour avec grâce.


    Où ? Quand ? Comment ? Un besoin vital devient rupture d’avec soi.


    La poésie des arbres entre dans la maison pour y garder le feu vivant.


    Vivre ne peut tenir en une seule vie.


     

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       Maurice Audejean est né en avril 1942 dans l’Indre, d’une famille d’agriculteurs. A 18 ans, sa découverte d’Arthur Rimbaud l’a décidé à se lancer dans la poésie.

     
           D’abord berger en Camargue, il est devenu instituteur dans l’Indre, et a longuement enseigné en zones rurales, car il adorait la campagne. Il puisait son inspiration dans la nature, notamment l’été en Ardèche. Ses élèves l’appréciaient pour ses connaissances et pour son aptitude à susciter l’intérêt.
            Passionné de philosophie et de lecture, il rencontra beaucoup de poètes, notamment René Char qui l’encouragea énormément dans sa vocation.
          Marié et père de trois enfants (dont un tôt disparu), il était aussi travailleur acharné, et se levait avant l'aube pour peaufiner ses manuscrits, qui furent publiés aux éditions Rougerie, en Haute-Vienne, grâce à l’aide financière du Centre National des Lettres.
        On trouve successivement Drains (1982), La Cime du Lieu (1984), Le Peu et l’impossible (1987), Le Pré du Brasil (1984), Au Matin Calme (1988), et Partir avant la Fin (1990) – uniquement de la poésie.

          Hélas, Maurice Audejean nous a quittés à l’âge de 49 ans, en janvier 1992, des suites d’une longue maladie.
       

    Maurice Audejean (photographie gracieusement prêtée par la famille)

     
         Je lui rendrai hommage ici à l’aide de quelques poèmes tirés de « La Cime du Lieu ».
     
     
    1 -     Grands yeux ouverts.

    Le soleil passe dans le vent
    Terre étendue.
    Le vent plie les nuages,
    Hache la pluie
    Qui s’en repart.
    Un peu plus loin
    Sur le retour,
    Nous croiserons la lumière
    Remontant à flots la vallée.
    Décision un peu folle
    De rester tapis
    Dans un coin de rocher.

    *

     
     2 -                                       Comme tout est calme ici !
    Mais où est ton cœur donné
    Ton corps jailli ?
    Tu relances la plaine dans le cri.
    A nouveau, je ne sais plus comprendre,
    Ma faiblesse redevient prière,
    Je me déplie comme une feuille,
    Mon cœur sous ma peau se dilate,
    Le matin exagère !
    Le ciel m’attrape tout entier,
    Je n’ai plus de poids sur la terre,
    Il faut suivre un nouveau chemin
    Quelque chose m’abandonne
    Quelque chose m’attend.
    Je suis heureux et las,
    Incertain et impatient.
     

     (À suivre ici...)
     
     

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