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    O lumineuse,
    O radieuse,
    O merveilleuse lumière,
    Jaillissant en cascade d’arc-en-ciel
    Et m’inondant tout entière comme une immense nuée de gouttelettes,
    Source qui fonds sur moi, depuis mon front jusqu’à mes pieds,
    Et me traverses tout entière,
    C’est toi que j’ai cherchée par les déserts arides,
    C’est toi que j’espérais au profond de mes nuits,
    C’est toi que j’ai rêvée du profond de la mort…
    O ma Source d’écailles et de paillettes et d’or,
    Tumultueuse au grondement de tonnerre,
    Plus puissante que tout t’épandant sur la terre,
    C’est toi que j’ai trouvée au terme de ma course,
    Nageuse épuisée par la remontée du fleuve implacable !…
    Et maintenant, il ne me reste plus qu’à m’abreuver de toi,
    De ton rire d’étincelles, de ta vie inépuisable,
    Qu’à me laisser tremper de ta pluie bienfaisante,
    Qu’à me laisser bercer de ton bruit continu…
    O lumière jaillie des cimes fulgurantes
    Et tombée en bénédiction sur la terre,
    O flammes rafraîchissantes
    Qui m’habillent de bonheur,
    Irradiante Source
    Issue de l’infini,
    Aux confins de ce monde,
    Au terme de l’angoisse,
    Au terme du malheur maquillé de clinquants,
    Fraîche aveuglante lumière,
    Ma Source inespérée,
    Te voici donc enfin !
     
     

    Graal

     

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    Dans le ciel sans nuages il y a un bateau
    avec des ailes bleues
    Dans la mer écumante il y a un oiseau
    avec des ailes d'or

    Dans ton cœur douloureux il y a la nuit qui bat
    comme un volet au vent
    Dans ton cœur lumineux il y a mille étoiles
    qui fusent avec ton rire

    Dans la ville grondante il y a trois enfants
    errant parmi des fleurs
    Dans l'arbre luxuriant il y a deux vieillards
    à la barbe de pluie

    Dans l'espace infini il y a l'Amour fou
    sur ses ruisseaux d'argent
    Et pour le rencontrer nous cueillerons l'oiseau
    avec ses bras d'ivresse

    Nous prendrons le bateau et rêverons plus fort
    pour le faire pencher
    Nous ouvrirons nos cœurs jusqu'à ce qu'il chavire
    et coule jusqu'à nous
     
     
     
     

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    Un matin d'été, en Bretagne, la nature m'offrit un baptême à sa façon.

          Je marchais seule sur un sentier en surplomb de falaises au bord de la mer, dans un endroit peu fréquenté rendu plus magnifique encore par le temps resplendissant. Le bronze des ajoncs et des bruyères se drapait du vert tendre des prairies parsemées sur la colline. La pointe rocheuse qui s’avançait vers la mer m’évoquait étrangement un dragon assoupi dont j’aurais gravi lentement l'échine. Dans la chaleur naissante, je frissonnais de penser qu’il viendrait à s’éveiller et que, se hérissant de toute ses crêtes pointues, dans un grand rugissement, il pourrait d’un moment à l’autre m’éjecter de son dos rugueux.

          La mer d'un bleu profond et transparent laissa soudain paraître une petite anse cachée, en contrebas, dont elle venait lécher les récifs. J'y descendis précautionneusement, attirée par la fraîcheur et la solitude du lieu. La lumière d'août étincelait sur les houles paisibles. Je m'assis sur un petit fauteuil naturel, au creux des roches, et découvris avec ravissement que déjà mes jambes se posaient dans l'eau claire : la température agréable du flot me séduisit. Je n'avais cependant ni maillot de bain, ni serviette… Mais qui passerait dans cet endroit caché à dix heures du matin ?

          Le soleil rayonnant m’adressa un sourire complice, et la petite crique isolée, parfaitement invisible à marée haute, me parut offerte de façon si impérieuse que je n’hésitai plus. Laissant mes quelques vêtements sur la dalle nichée au pied du talus, je me glissai au creux des ondes accueillantes, nue pour la première fois dans un bain de jouvence, émerveillée par sa fraîcheur, par sa douceur, par l’atmosphère troublante de piscine naturelle en même temps que de décor d’opéra romantique.





          Circulaire et creuse comme un bénitier entre ses piliers de roches brunes, cette petite crique me rappelait le prélude de l’Or du Rhin de Richard Wagner, où les sirènes cachées sous les eaux primitives surveillent jalousement les trésors du monde enfoui dans les profondeurs.

          Nageant doucement vers les extrémités du bassin, je réalisai avec effroi qu’à distance du rivage j’étais visible de la corniche, et que dans la transparence des eaux ma nudité ne serait que trop perceptible ! Cependant personne ne paraissait, grâce au ciel, et je repris ma route flânante vers l’autre bord. 

         L’onde tranquille me porta comme un fétu jusqu'au pied de la paroi rocheuse où l'ombre se projetait et, impressionnée par la profondeur du gouffre noir qui m’environnait, je me sentis soudain plus vierge que jamais, plus femme aussi, vulnérable à la vie et blessée par les éléments qui me caressaient et me régénéraient... C'était comme une consécration de mon corps, de ma chair, comme une merveilleuse harmonie retrouvée avec la Nature.

        Lorsqu’enfin je retournai m'asseoir sur le rocher, lavée jusqu'au plus profond de mon être, je n’eus qu’à me sécher au soleil... Sans maillot, cela ne me prit guère plus de cinq minutes ! Au ciel d'azur inaltérable l'astre flamboyait toujours de son rire bienveillant.



        

           Enfin je repassai mes vêtements et repris ma route sur le chemin rocheux qui remontait très raide, sur le flanc du dragon. Peinant comme si j'empruntais le chemin du Paradis, je levai la tête et aperçus alors un signe extraordinaire : juste au-dessus de moi, comme le but de mon voyage, se trouvait le soleil ; et autour de lui un petit nuage blanc s’était amassé, formant une boule cotonneuse où pénétrait peu à peu un oiseau en plein vol, se perdant dans ce nid de splendeur lumineuse…

           C'était l'image même de l’âme retournant à sa Source.
     

     
     

    Oiseau tranquille au vol inverse, oiseau

    Qui nidifies en l'air ...

    Apollinaire, Cortège (Alcools)
     
     
     

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    Comme je suis dans mes souvenirs de vacances, voici la physionomie de Bréhec dans les années 50 :



    La plage, surmontée d'une rangée de galets aujourd'hui recouverte de sable des landes...



    Le port, avec à gauche la pointe de la jetée, à l'époque beaucoup plus courte qu'aujourd'hui...


     
     Eh ! oui, des coquillages, il y en avait !
     



    Quel temps aujourd'hui pour la pêche ?
     

    - Cette poupée, c'était bien moi en 1952 et 53... Mais n'ayez crainte, si je portais pull et bonnet, c'est qu'à l'époque mes parents prenaient leurs vacances en septembre, afin de pouvoir profiter des commodités de l'Hôtel de la Plage. 
      
     

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         Voici Sainte-Eugénie, une charmante chapelle bretonne bâtie en surplomb de la plage de Bréhec, dans un joli pré à proximité de sa "fontaine miraculeuse".




    Réhabilitée au siècle dernier par l'impératrice Eugénie, elle a fait l'objet ces dix dernières années d'une importante remise en état, grâce à l'action énergique d'une amicale et à l'organisation régulière de Fest-Noz.




    A gauche, la statue de la Sainte, qui aurait abordé en barque au rivage de Bréhec. Au mur, un ex voto atteste de sa bonté envers ceux qui la prient. A droite, Saint Nicodème.


    La fontaine de Sainte Eugénie, autrefois inaccessible dans la jungle des talus, aujourd'hui reliée à la chapelle par un petit chemin aménagé : elle serait réputée miraculeuse pour les yeux et les oreilles.

     
    Attention, l'environnement est sacré... Si vous venez à Sainte-Eugénie, respectez la beauté et le silence du lieu (la mer est dans le creux, derrière la chapelle : en face, c'est la pointe de Min-Rouz)


    Voici une vue depuis la corniche de Bréhec... connue des seuls initiés, car comme vous le voyez le zoom est ici au maximum, et à l'oeil nu il faut vraiment connaître le coin pour la discerner !


    Cherchez-la bien... Elle est dans le coin en haut à droite.
      
     
     
     

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